Fiscalité • Retraite • Sécurité sociale
LFSS 2026 : hausse de la CSG, retraite et cumul emploi-retraite — les impacts à connaître
Publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025 après validation du Conseil constitutionnel, la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (LFSS 2026) apporte plusieurs évolutions majeures sur la fiscalité du patrimoine et la retraite. Décryptage des 3 mesures clés et de leurs conséquences pour les épargnants, investisseurs et futurs retraités.
1) Hausse de la CSG sur certains revenus du patrimoine et de placement
Jusqu’à présent, un taux unique de CSG de 9,2 % s’appliquait aux revenus du patrimoine et aux produits de placement. La LFSS 2026 instaure désormais deux niveaux :
- Taux de droit commun : 10,6 %
- Taux dérogatoire : 9,2 % pour certains revenus limitativement énumérés
En ajoutant la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %), le taux global des prélèvements sociaux atteint 18,6 % (contre 17,2 % auparavant). Conséquence mécanique : le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe de 30 % à 31,4 % pour les revenus concernés.
Revenus principalement impactés
Sont notamment visés (liste non exhaustive) :
- les dividendes ;
- les produits de placement à revenu fixe ;
- les plus-values sur valeurs mobilières et droits sociaux ;
- les gains sur instruments financiers à terme ;
- les plus-values de cession d’actifs numériques ;
- les produits de l’épargne salariale (PEE, PERCO, participation) ;
- les rentes et produits issus des plans d’épargne retraite (PER) dans certains cas ;
- les gains lors du retrait/clôture d’un PEA ;
- les plus-values professionnelles à long terme ;
- certains revenus BIC / BNC / BA non déjà assujettis au titre des revenus professionnels.
Une analyse personnalisée est recommandée selon la nature des revenus, le mode de détention, et l’arbitrage entre PFU et barème.
Revenus exclus de la hausse
Certains revenus restent au taux antérieur de 17,2 % de prélèvements sociaux (et donc à un PFU de 30 %), notamment :
- les revenus fonciers ;
- les plus-values immobilières des particuliers ;
- les produits des contrats d’assurance-vie et de capitalisation ;
- les intérêts et primes de certains PEL / CEL ouverts avant dates spécifiques ;
- les produits et rentes des PEP.
Un point d’incertitude sur le PER
La fiscalité du Plan d’Épargne Retraite (PER) reste discutée : certains estiment que le PER assurantiel pourrait être assimilé à un contrat de capitalisation (et donc exclu), tandis que d’autres considèrent que le PER n’est pas explicitement visé parmi les exclusions. Des précisions administratives seront nécessaires pour sécuriser l’interprétation.
Entrée en vigueur
- Revenus du patrimoine : application à compter de l’imposition des revenus 2025.
- Revenus de placement : application à partir du 1er janvier 2026.
Certaines plus-values placées en report d’imposition conservent toutefois les taux applicables l’année de leur réalisation, selon les cas prévus par les textes.
2) Suspension temporaire de la réforme des retraites
La LFSS 2026 prévoit la suspension jusqu’au 1er janvier 2028 de l’application de la réforme des retraites de 2023 (relèvement progressif de l’âge légal à 64 ans et hausse de la durée de cotisation jusqu’à 172 trimestres).
Cette suspension entraîne des ajustements favorables pour les assurés nés entre 1964 et 1968 :
- un âge de départ légèrement abaissé (d’un à deux trimestres selon les situations) ;
- un accès plus rapide à la retraite à taux plein pour certaines générations, avec un nombre de trimestres requis réduit par rapport à la réforme de 2023.
Ces règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
3) Évolution du régime du cumul emploi-retraite
Le cumul emploi-retraite est réformé pour les personnes liquidant leur retraite à partir du 1er janvier 2027. Les modalités dépendront de l’âge et de la nature des revenus pris en compte (revenus professionnels et certains revenus de remplacement, comme les indemnités journalières).
Les nouvelles règles en pratique
- Avant l’âge légal : écrêtement intégral de la pension (jusqu’à 100 %) en cas de cumul avec des revenus concernés.
- Entre l’âge légal et 67 ans : cumul partiel avec réduction de la pension à hauteur de 50 % des revenus dépassant un seuil (montant envisagé : 7 000 €, à préciser par décret).
- À partir de 67 ans : cumul intégral des revenus et de la pension.
Conclusion : l’essentiel sur la LFSS 2026
La LFSS 2026 renforce la fiscalité sur une partie des revenus du capital via la hausse de la CSG, tout en aménageant temporairement les règles de départ à la retraite et en modifiant le cumul emploi-retraite. Ces évolutions rendent indispensable une analyse personnalisée pour :
- optimiser la fiscalité du patrimoine (PFU, prélèvements sociaux, arbitrages) ;
- anticiper les arbitrages d’investissement ;
- sécuriser les stratégies de retraite (âge, trimestres, cumul).
FAQ – Loi de financement de la Sécurité sociale 2026
Quel est le nouveau taux de CSG sur les revenus concernés ?
Le taux de droit commun de CSG est porté à 10,6 % sur certains revenus du patrimoine et produits de placement, tandis qu’un taux dérogatoire de 9,2 % demeure pour des revenus limitativement listés.
Quel est l’impact sur le PFU (flat tax) ?
Le PFU passe de 30 % à 31,4 % pour les revenus concernés, du fait de la hausse de la CSG et du niveau global des prélèvements sociaux porté à 18,6 %.
La réforme des retraites de 2023 est-elle annulée ?
Non. La LFSS 2026 prévoit une suspension de l’application de la réforme de 2023 jusqu’au 1er janvier 2028, avec des effets sur certaines générations (1964 à 1968).
Qu’est-ce qui change pour le cumul emploi-retraite ?
Pour les retraites liquidées à partir du 1er janvier 2027, le cumul dépendra davantage de l’âge et des revenus pris en compte, avec des règles distinctes avant l’âge légal, entre l’âge légal et 67 ans, puis après 67 ans.


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